J'ai effectué quelques tests pour attirer les insectes avec de la lumière. Ça marche, mais je me demande bien quoi faire avec ça. Il n'y en a pas assez à mon goût, des insectes. Faut dire que c'est la saison fraîche.
Peut-être aurai-je plus de chance l'an prochain à Dawson City, au Yukon: là il y en a de la bibitte! Je ne sais pas, je suis un peu perdu, je trouve pas encore où me situer par rapport à ce projet. Je trouve que c'est limité: qu'est-ce que je peux utiliser? Des LEDs, des piezzo, des photosenseurs, des micros. That's it. J'ai des idées qui partent dans tous les sens mais rien de vraiment intéressant à mes yeux.
Retourner à la base du projet. Qu'est-ce qui l'a motivé? Le défi y est pour beaucoup, le geste extrême d'installer des éléments électroniques dans un milieu extérieur qui leur est a priori hostile. Et l'intervention au coeur même de la vie. Toute ma fasination pour les humains et leurs comportements. Agir ici, dans cet environnement naturel, y confronter la technologie, ça ramène à la préhistoire, tout ça, la découverte du feu et des outils. L'humain cherchant à dépasser son état de nature, à contrôler cette dernière par le biais de l'outil. Or je pense que le propos du projet devrait justement être de virer le truc à l'envers: introduire cette distinction entre technologie et outil en construisant des entités qui se rapprochent elles-même de l'état de nature, fonctionnant à l'intérieur d'un écosystème, mais qui ne sont pas des outils car elles sont inutiles. Elles ne sont pas un moyen mais une fin en soi.
À partir de là, oublier l'idée d'interaction (qui a dit qu'elles devaient interagir?) Elles peuvent posséder leurs propres mécanismes, reliés aux vivants, aux non-vivants, ou encore reliés à rien du tout que leur propre existence.
Je vais maintenant aller désintégrer quelques moustiques à l'aide de mon nouveau jouet, une raquette électrique tue-insecte!
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